Raphaël Brunner
Descriptif succinct de l’ouvrage en cours de publication
Ce recueil réunit des essais indépendants mais dont la portée n’apparaît que lorsqu’ils sont rassemblés. Il s’agit de sept variations sur un même sujet : qu’advient-il de l’art et de la culture lorsqu’ils se trouvent confrontés aux exigences de réel qui frappent aujourd’hui l’ensemble des activités humaines ?
Plutôt que de prétendre répondre à ce questionnement, ces textes varient les angles d’attaque, signalant ainsi que l’attention se focalise avant tout sur les manières de questionner elles-mêmes. Ce sont successivement les idées de monde réel, d’image, de musique comme différence, d’histoire, de conventions artistiques et culturelles, de particulier et d’universel qui délimitent les champs que parcourt le discours. Le septième essai cède à la tentation d’opposer à l’institution socioculturelle de l’art une conception de ce dernier qui n’a pas fini d’y résister, fût-ce hors du champ tenu pour artistique.
Et plutôt que de prendre la forme d’une argumentation développée, ces textes recourent à un style serré les protégeant des apories que justement ils signalent et témoignant de la volonté de rester en deçà d’un certain seuil de lisibilité, par exemple par le recours à des formulations rapides, aphoristiques.
Dans le moment où deux termes passent l’un pour l’autre, dans le moment même où le second consomme la disparition du premier, il semblait nécessaire de chercher encore à les distinguer, même de manière vaine, voire d’aller jusqu’à les opposer. « Est art, dans l’art, ce qui n’est pas culture » s’entendrait à la fois comme « est art ce qui a cessé d’être culture » et comme « est art ce qui n’est pas encore de l’ordre du culturel ». Apparaissent ici, en filigrane, deux conceptions de la culture : la première, sans doute nostalgique, la seconde accompagnant la projection sans finalité par-dessus la fin de siècle, oubliant du même coup que celle-ci pourrait bien se répéter tout au long des prochaines décennies. C’est un peu ce que nous dit un temps que nous n’avons pas encore quitté et dont l’art porte les stigmates.
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Les textes regroupés ici abordent des questions générales et contrastent ainsi, par leur concision, mais aussi par l’étendue des sujets traités, avec les diverses études sur la musique et l’art modernes que l’on doit au même auteur. La nécessité de rendre compte de la spécificité des arts y alterne avec celle d’affronter ce qui aujourd’hui nous en éloigne, essai qui suffit peut-être à nous en rapprocher, à mesure que le risque croît et que la lecture s’engage.
© Copyrights à Raphaël Brunner, Sion (Suisse).
Raphaël Brunner
Kurzbeschreibung
des Werkes (Veröffentlichung in Vorbereitung)
Diese
Textsammlung enthält sieben voneinander unabhängige Aufsätze, deren
wechselseitiger Bezug jedoch aus dem Ganzen erhellt. Es handelt sich um
Variationen über ein Thema : Was geschieht mit Kunst und Kultur, wenn sie
jenen Ansprüchen des Realen ausgesetzt sind, die heute an sämtliche
menschlichen Tätigkeiten gestellt werden ?
Statt vorzugeben,
diese Frage zu beantworten, gehen die vorliegenden Texte aus verschiedenen
Blickwinkeln auf sie ein und unterstreichen damit, dass die Aufmerksamkeit in
erster Linie der Art der Fragestellung selbst gilt. Nacheinander durchschritten
und kurz erörtert werden die Problemfelder des ‹ Realen ›, der
Fotografie, der Musik als Differenz, der Geschichte, der künstlerischen und
kulturellen Konventionen, des Besonderen und des Universalen. Der siebte, etwas
längere Aufsatz versucht, der Kunst als soziokultureller Institution eine
Vorstellung von Kunst gegenüberzustellen, die sich dem Institutionellen
weiterhin widersetzt, selbst außerhalb des Bereichs, der als künstlerisch gilt.
Statt jede
Betrachtungsweise streng argumentativ zu entwickeln, hat der Verfasser einen
gedrängten Stil gewählt, der die Texte in der Form jener Aporien schützt, die
sie selbst thematisieren. Die Absicht, diesseits einer Schwelle von Lesbarkeit
zu bleiben, drückt sich im Gebrauch schneller, aphoristischer Wendungen aus.
Kunst und
Kultur : In einer Zeit, wo die beiden Begriffe auswechselbar geworden
sind, zu einem Zeitpunkt gar, wo der zweite das Verschwinden des ersten
besiegelt, schien es geboten, sie noch einmal zu unterscheiden und einander
entgegenzusetzen — und sei die Mühe auch vergeblich. « In der Kunst
ist Kunst, was nicht Kultur ist » verstünde sich zugleich als « Kunst
ist, was aufgehört hat, Kultur zu sein » und als « Kunst ist, was
noch nicht zum Bereich des Kulturellen zählt ». Hier schimmern zwei Kulturbegriffe
durch : ein erster, vermutlich nostalgischer, und ein zweiter, der sich ohne
Zweckmäßigkeit über das Ende des zwanzigsten Jahrhunderts hinweg projiziert und
dabei übersieht, dass sich dieses Ende im Laufe der nächsten Jahrzehnte ständig
wiederholen dürfte. Das ist es wohl, was uns eine Zeit zu sagen hat, die wir
noch nicht verlassen haben und deren Kunst ihre Stigmata trägt.
*
Die hier versammelten Texte erörtern Fragen
allgemeiner Natur. Durch ihre Knappheit und die Breite ihrer Thematik bilden
sie auch einen Kontrast zu anderen Texten des Verfassers über Musik und moderne
Kunst. Es geht darum, die Eigenart einzelner Künste zu beleuchten, aber auch
das aufzuzeigen, was uns heute von ihnen trennt und entfernt. Vielleicht ein
ausreichender Versuch, um bei fortschreitender Lektüre und wachsendem Risiko
wieder ein wenig an sie, die Künste, heranzuführen.
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